Published On: Tue, May 31st, 2016

Vie privée d’une personne publique : intérêt public ou voyeurisme ?

Vie privée d’une personne publique : intérêt public ou voyeurisme ?

Le Droit à la privée d’une personne dite publique a toujours fait débat. Si certains considèrent qu’un personnage public n’a pas vraiment droit à cela car il serait «more accountable », d’autres considèrent l’atteinte à ce droit comme du voyeurisme.

Et c’est le sujet sur lequel le Directeur des poursuites publiques, Me Satyajit Bollel, Senior Consel, a accentué sa newsletter du 30 mai 2016. Cette newsletter fait état des devoirs de la presse et du droit à la vie privée, en prenant comme référence un jugement émis par la Cour Suprême britannique.

En effet le cas sur lequel s’appuie le DPP fait état du jugement qu’avait émis la Cour britannique dans l’affaire de l’ex-compagne du chanteur Elton John. La Cour britannique avait en effet émis une injonction en faveur de la célébrité interdisant la publication des détails sur sa relation extraconjugale. L’ex-partenaire d’Elton John avait argué que sa vie privée, plutôt ces « kiss and tells stories » au sujet de son « infidélité » n’était d’aucun intérêt public et n’avait pas lieu d’être publier dans la presse.

Et la Cour Suprême a tranché en faveur de la célébrité en mentionnant qu’effectivement la vie de ce dernier n’était d’aucun intérêt public, en précisant que l’intérêt public ne doit pas se résumer à la soif d’information du public sur la vie privée d’autrui ou sur le sensationnalisme ou même le voyeurisme.

Selon Satyajit Bollel, ce jugement fera état de jurisprudence chez nous due à l’absence d’une loi explicite sur la protection de la vie privée dans notre Constitution, contrairement à ce qu’il en est pour la protection de la liberté d’expression. Il rajoute aussi que ce jugement amène plus de précision sur le droit à la vie privée d’un citoyen, en affirmant que «The standards of journalism cannot be sacrificed on the altar of commercial pressures to satisfy a readership interested more and more in salacious gossips of people’s private live.»

La newsletter fait aussi mention de la loi sur la diffusion de fausses nouvelles et précise que si le délit est commis verbalement, la personne est susceptible d’une amende allant jusqu’ à Rs 100 000 et d’une peine d’emprisonnement ne dépassant pas deux ans. Et si le délit a été commis par écrit, la loi prévoit une amende allant de Rs 20 000 à Rs 50 000 et une peine d’emprisonnement n’excédant pas un an si cette dernière est trouvée coupable mais cette dernière peut toujours se défendre en établissant que l’information a été dûment vérifiée avant toute diffusion.